La Chine utilise la technologie privée américaine pour faire progresser son secteur militaire

Depuis des décennies, le Parti communiste chinois (PCC) a élaboré méticuleusement une vaste stratégie visant à voler l’économie américaine par le biais d’espionnage, de manipulation de devises, de cybercriminalité et de vol de propriété intellectuelle.

« La technologie est probablement la partie la plus importante de notre économie », a indiqué le représentant américain au commerce Robert E. Lighthizer devant le Comité sénatorial des finances le 22 mars.

« Nous avons conclu qu’en fait, la Chine a une politique de transfert de technologie forcé. [La Chine] exige des licences à un prix inférieur à la valeur économique ; [fait appel] au capitalisme d’État – c’est-à-dire entrer aux États-Unis et acheter de la technologie de divers manières qui détournent l’économie – et puis, enfin, [a recours à] la cybercriminalité », a-t-il dit.

En 1986, les objectifs de cette stratégie étaient particulièrement tangibles lorsque le PCC a lancé son programme Projet 863, avec pour dessein de « rattraper rapidement l’Occident et de le surpasser ». En 2011, le National Counterintelligence Executive, aux États-Unis, avait identifié que ce programme en cours a pour visée de « fournir des fonds et des lignes directrices à l’acquisition clandestine de technologie américaine et d’informations économiques sensibles ».

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Au fil des ans, le PCC a déployé diverses tentatives et a créé de nouveaux outils pour voler. En 2014, l’une d’elles a fait les manchettes du monde entier alors que des pirates militaires ont été inculpés pour avoir infiltré les réseaux d’entreprises privées aux États-Unis et volé leur propriété intellectuelle pour servir les intérêts du PCC.

Plutôt que de mettre fin à ces tactiques après que leurs pirates militaires ont été découverts, le PCC a plutôt opté pour un changement de stratégie. Il a réduit le nombre de cyberattaques, mais ses pirates ont concentré leurs cibles. Il a également renforcé la législation pour contraindre les entreprises étrangères à fournir leurs données et, en début 2016, il a lancé une nouvelle stratégie d’acquisitions et d’investissements visant à augmenter l’emprise du PCC sur des marchés étrangers stratégiques.

En mars 2017, une source bien renseignée au sujet de cette nouvelle stratégie a informé Epoch Times que le PCC a « déployé ses équipes aux États-Unis » pour établir des partenariats d’affaires et de recherche, avec l’intention de « ramener des personnes clés ou de la technologie en Chine continentale ».

Ces stratégies étaient bien connues de la Défense et des fonctionnaires américains, mais les États-Unis, à plusieurs reprises, ont raté des occasions d’agir. « Dans un sens, la situation est tout à fait évidente, mais nous ne voulons pas voir ce qui se déroule sous nos yeux », avait déclaré Richard Fisher, membre supérieur de l’International Assessment and Strategy Center, à Epoch Times, en 2015.

Cependant, le 22 mars, le président Donald Trump a lancé une série de mesures visant à mettre fin au vol économique du PCC aux États-Unis et a revu les échanges commerciaux avec la Chine.

Le président Trump a signé un mémorandum qui imposera des droits de douane sur les produits chinois, estimés de 50 à 60 milliards de dollars par an, à titre de sanction pour le vol de propriété intellectuelle américaine.

Ces mesures font suite à une enquête du représentant au Commerce des États-Unis au sujet du vol de propriété intellectuelle (PI) par le PCC. Le représentant du Commerce publiera bientôt une liste de 1 300 produits qui ont été ciblés. Le président Trump envisage également d’imposer des restrictions sur les investissements chinois, ce contre quoi le PCC a rétorqué une menace de guerre économique.

Toutefois, les droits de douane de 50 à 60 milliards US$ ne serviront pas à résoudre le problème dans son ensemble. Le déficit commercial des États-Unis avec la Chine est estimé à 375 milliards US$. Selon le rapport 2017 de la Commission indépendante sur la propriété intellectuelle, les États-Unis subissent un vol de propriété intellectuelle estimé à 600 milliards US$ par an et dont le principal voleur est la Chine. Des estimations moins conservatrices chiffrent ces pertes à des billions de dollars.

Toutefois, toute démarche visant à mettre fin au vol économique et aux déséquilibres commerciaux par le PCC devra considérer le régime et ses actions dans leur ensemble (voir le tableau d’Epoch Times ci-dessus sur les systèmes et stratégies du PCC).

Par ailleurs, un facteur compliquant la situation est la nationalisation par le PCC d’institutions, en apparence inoffensives, pour mener à bien ses opérations. En Chine, les frontières entre les entreprises privées, le PCC et le secteur militaire sont floues. Toute entreprise de plus de 50 employés est tenue d’avoir un lien avec le Parti communiste. De plus, le régime a mis en place de strictes réglementations et politiques concernant le partage de données afin d’en assurer l’accès et le contrôle.

Alors que les pirates militaires du PCC s’étaient illégalement immiscés dans les réseaux d’entreprises pour voler leur technologie, le PCC tire maintenant profit de faiblesses juridiques propres au système ouvert des États-Unis.

Dans sa plus récente initiative, le PCC a mobilisé des investisseurs, dictant où leur argent peut ou non aller, de manière à satisfaire les intérêts du régime. Le Parti cible également des entreprises en démarrage, établit et finance des conférences de recherche pour accéder aux résultats les plus récents et s’associe ou tire parti des liens déjà établis avec les universités afin d’accéder à leur recherche de pointe.

L’objectif du PCC reste aujourd’hui le même qu’au début du Projet 863 : il vise à détrôner les États-Unis de leur statut de première puissance mondiale et à diffuser mondialement son « modèle chinois ». Or, basé sur le totalitarisme communiste, le modèle chinois ne repose pas sur les principes de droits de l’homme et de liberté de croyances sur lesquels s’est construit l’Occident.

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