ESPAGNE – Manifestants liés au régime chinois traduits en justice pour discours de haine

ESPAGNE – Manifestants liés au régime chinois traduits en justice pour discours de haine

Les spectateurs applaudissent les artistes de Shen Yun au David H. Koch Theater dans le Lincoln Center, New York City, le 22 janvier 2018. (Dai Bing/The Epoch Times)

2018/04/08

En guise de vernis d’authenticité, le Parti communiste chinois utilise souvent des groupes paravents pour contrer la diaspora chinoise qui n’adhère pas à la ligne politique du régime. Aujourd’hui, l’un de ces groupes-paravents en Espagne est poursuivi pour discours haineux diffamatoire.

En avril 2017, Shen Yun Performing Arts, une compagnie d’arts de la scène basée à New York en tournée mondiale annuelle avec son spectacle ranimant la culture traditionnelle chinoise authentique, devait présenter trois représentations au Gran Teatre del Liceu les 15 et 16 avril.

Le soir du 15 avril, environ 25 à 30 ressortissants chinois se sont rassemblés devant le théâtre, portant des banderoles, hurlant des slogans diffamatoires envers Shen Yun et le Falun Gong, une discipline spirituelle chinoise pratiquée par les danseurs de Shen Yun.

Ces agissements, selon l’avocat Carlos Iglesias, avocat défenseur des libertés et droits de l’homme, constituent de la propagande haineuse. Il représente les plaignants, un groupe de pratiquants de Falun Gong espagnols qui ont été témoins des protestations et se sont sentis victimes de la haine affichée par les manifestants.

De gauche à droite : l’avocat Carlos Iglesias et les plaignants Chris Zhao et trois pratiquants de Falun Gong espagnols, devant un tribunal de Barcelone. (Gracieuseté de Carlos Iglesias)

Xinhua, un journal espagnol de la presse chinoise à tendance pro-Pékin, a publié un article d’un ton triomphant sur l’incident. L’article était accompagné de photos des ressortissants chinois qui manifestaient devant le théâtre, brandissant des pancartes et des banderoles en chinois et en espagnol avec des messages attaquant Shen Yun et le Falun Gong.

L’article cite également certains manifestants et les identifie par leur nom et leur affiliation. L’un d’eux a qualifié le Falun Gong de « religion hérétique » ayant comme « but de diviser la mère patrie » – utilisant le même langage que le régime chinois a toujours employé pour discréditer et vilipender la pratique spirituelle depuis le début de la persécution en 1999. Les médias d’État chinois ont promulgué une telle propagande haineuse au niveau national et à l’étranger par le biais de journaux pro-Pékin ou affiliés au Parti à l’étranger.

La poursuite est intentée par les pratiquants espagnols de Falun Gong alléguant que les banderoles, slogans et informations que les manifestants ont transmis aux passants constituaient un discours de haine, violant ainsi l’article 510 du Code pénal espagnol, selon Me Iglesias. L’article 510 stipule que ceux qui « encouragent, promeuvent ou incitent publiquement à la haine, directement ou indirectement, à l’hostilité, à la discrimination ou à la violence contre un groupe, une partie de celui-ci ou contre une personne en raison de leur appartenance à ce groupe » ont commis un crime passible d’un à quatre ans d’emprisonnement, en plus d’une amende.

Vue générale du Gran Teatre del Liceu à Barcelone, Espagne, le 6 février 2017. (Xavi Torrent/Getty Images)

En vertu de l’article 515, les organisations qui « encouragent la discrimination, la haine ou la violence » sont également considérées comme ayant enfreint la loi et sont passibles d’un à trois ans d’emprisonnement.

Les demandeurs poursuivent toutes les personnes et organisations nommées dans l’article du journal Xinhua – la plupart, des organisations communautaires et des associations d’affaires chinoises locales.

« La liberté d’expression a ses propres limites, en d’autres termes, une personne ne peut pas dire ce qu’elle veut, ce qu’elle pense, si, en fin de compte, elle diminue, ignore ou crée de la haine envers certains groupes ou certains collectifs pour des raisons idéologiques, religieuses, politiques ou autres », a déclaré M. Iglesias dans une interview. Leur discours est allé au-delà de la simple expression d’une opinion sur les prestations de Shen Yun, mais promouvait la haine envers le Falun Gong, a-t-il ajouté.

Shen Yun Performing Arts a été fondée par des pratiquants de Falun Gong, une méditation spirituelle également connu sous le nom de Falun Dafa, sévèrement persécutée en Chine continentale depuis 1999. Le dirigeant du Parti communiste chinois de l’époque, Jiang Zemin, estimait que l’immense popularité du Falun Gong – jusqu’à 100 millions de pratiquants, selon les estimations citées dans les médias occidentaux – allait menacer l’autorité du Parti. Il a ensuite lancé une campagne nationale pour harceler, arrêter, détenir et diffamer les pratiquants de Falun Gong.

Shen Yun au Théâtre Orpheum à Phoenix, Arizona, aux États-Unis, le 20 février 2018. (Yuli Li/The Epoch Times)

Le régime communiste, officiellement athée, a essayé à plusieurs reprises d’entraver les prestations de Shen Yun, depuis la création de l’entreprise, selon son site, car les descriptions de Shen Yun Performing Arts, faisant état de la persécution du régime chinois contre le Falun Dafa et de la civilisation chinoise comme étant divinement inspirée, irritent le Parti communiste chinois.

Au Danemark, par exemple, les médias locaux ont découvert qu’un théâtre local avait rejeté la proposition de Shen Yun d’y jouer après que des fonctionnaires de l’ambassade de Chine ont fait pression auprès des responsables du théâtre. Depuis la création de Shen Yun, les théâtres dans d’autres villes européennes ont également subi des pressions de la part de leurs ambassades chinoises locales.

Me Iglesias a fait remarquer que pour les futures représentations de Shen Yun – la compagnie reviendra à Barcelone les 24 et 25 avril de cette année – un notaire, accompagné d’un traducteur, seront présents au théâtre et enregistreront et rapporteront toutes les interactions potentiellement illégales qui auront lieu.

Me Iglesias a également demandé aux tribunaux de Barcelone d’enquêter pour savoir si les manifestations étaient organisées par l’ambassade de Chine. C’est une tactique courante de l’ambassade de Chine d’engager des associations étudiantes chinoises locales ou d’autres groupes pro-Pékin pour participer à des rassemblements ou à des manifestations afin de répandre la propagande du régime chinois.

Mais qu’ils aient reçu l’ordre ou non de l’ambassade, leur culpabilité n’est pas à mettre en doute selon la loi, a rappelé M. Iglesias. « Chaque personne est responsable. Indépendamment d’une tierce partie qui peut avoir initié, promu ou financé le plan d’action. »

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